Local et limites de l’innovation Startup

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Local et limites de l’innovation Startup


Dans leur article : L’innovation startup en ses limites, Hubert Guillaud et Thierry Marcou (responsable du programme Audacities pour la Fing) montre parfaitement que le modèle d’innovation a besoin de diversité. La startup ne peut pas rester le seul modèle valorisé et valorisable.

Cette réalité souligne bien l’importance pour les innovateurs du Local, voulant créer de la disruption, d’inventer des méthodes et modèles économiques, sociaux respectant l’usager et l’associant pleinement au développement du territoire (géographique ou numérique).


Extrait del’article : "L’innovation et son foisonnement apparent cache une homogénéité autour de l’impact d’un modèle ultra-dominant : celui de la startupisation de l’innovation.

  • Cela ne favorise pas une gouvernance partagée. Chaque startup optimise son propre service, au détriment d’une approche collective (Waze optimise son service pour fournir le plus court chemin de A à B, au détriment des politiques publiques de mobilité.)
  • Au-delà de certains programmes spécifiques, la plupart des programmes d’aides à l’innovation sont largement dirigés vers les startups technologiques, via de multiples incubateurs, au détriment d’autres formes d’innovation.
  • Tous les projets n’ont pas vocation à se transformer en services commerciaux ou à devenir des services. Le risque est de favoriser certaines formes d’innovation technologique… au détriment d’autres reposant sur l’innovation sociale, celles proposées par des associations ou des PME.
  • La startupisation pose la question de l’uniformisation des méthodes (valorisation, dumping des prix, optimisation à tout crin, recherche de positions monopolistiques…)
  • Une startup a pour objet la perturbation, la disruption, des codes, marchés ou règlements. Son second impératif : la croissance et la vitesse. Le troisième : chercher à établir un monopole. Leur dernier enjeu : court-circuiter le législateur (la loi obsolète, le plus longtemps possible, permet de faire du lobbying pour l’aménager selon ses intérêts).
  • La concentration de dispositifs de soutiens à l’innovation similaires (incubateurs, accélérateurs, concours, modes de financement…) bénéficie à ceux qui rentrent dans ces cadres au détriment de ceux qui pourraient proposer des modalités d’action différentes (modèles associatifs, coopératives, innovations sociales). Tout projet qui ne devient pas startups semble exclu des modèles de soutien, de financement, d’accompagnement, de développement, de mise en visibilité.
  • On n’a jamais autant célébré la startup à l’heure du triomphe des plateformes. Toutes les villes rêvent de devenir la nouvelle Silicon Valley. Or, on a changé de décade. Désormais, les entrepreneurs « ont bien plus de chance de finir par travailler pour Mark Zuckerberg que de suivre ses pas ». Dans l’ère des plateformes, les startups n’ont plus leur place.
  • Les 10.000 startups génèrent quelques milliers d’emplois par an. L’économie sociale et solidaire représente 10,5% du PIB de la France, 220 000 établissements, 2,4 millions de salariés, 730 000 structures associatives, 23 millions d’adhérents, 16 millions de bénévoles, 21 000 coopératives… L’emploi y a crû de 23% au cours des 10 dernières années.
  • Si tous les programmes placent l’usager au coeur de leurs dispositifs, le plus souvent, il demeure sur un strapontin, un simple cobaye voire un simple client. L’innovation startup favorise une innovation de consommation. L’émancipation promise se concrétise dans un digital labor qui n’a rien de libérateur."

 

Voir en ligne : Haro sur la FrenchTech… Vive l’Ecosystème LocalTech !
le 24 décembre 2017 par Contact LocalTech
modifie le 18 mars 2018